Diarrhées néonatales GDS 50

Diarrhées néonatales : un mauvais TIP tue les veaux

Diarrhées néonatales GDS 50

Diarrhées néonatales : un mauvais TIP tue les veaux

Les cryptosporidies, les colibacilles, les rotavirus et les coronavirus, principaux agents infectieux responsables des diarrhées néonatales, sont présents dans quasiment toutes les exploitations. Les veaux peuvent se contaminer par l’ingestion d’aliments (ou d’eau) contaminés, ou par léchage de matériel (seau, litière, mur, barrières ou parois de niches …) ou de trayons, souillés par des matières fécales contaminées.

Le plus souvent, lors de faibles niveaux de contamination, les signes cliniques sont absents ou discrets, et une immunité apparait en quelques semaines.

Lors d’une exposition importante, cela entraine chez les veaux une diarrhée et de la déshydratation, parfois mortelle. La convalescence des veaux guéris est parfois longue, notamment lors de cryptosporidiose ou d’infections virales (rotavirus, coronavirus), les lésions intestinales pouvant être importantes.

Une forte exposition…

Les épisodes cliniques sont souvent liés à des facteurs de risque prédisposant à de fortes infestations :

  • absence de maternité réservée à cet usage, décapée puis désinfectée entre chaque série de vêlages, et correctement paillée entre chaque vêlage d’une série de vêlages rapprochés,
  • absence de logement adapté des veaux nouveau-nés et de caillebotis en atelier laitier, absence de coin-veau en atelier allaitant,
  • hygiène insuffisante du matériel (seau, tétine, niche individuelle…),

L’eau non potable peut également être une source de contamination. Le traitement de certains captages privés peut accidentellement tomber en panne. Une attention particulière doit être portée aux captages privés à risque (c’est-à-dire non potables sur le plan bactériologique), mais devenant potables sur le plan bactériologique grâce à un traitement par le chlore : les œufs de cryptosporidies sont résistants à de nombreux désinfectants classiques tel que le chlore. En cas de doute, le passage à l’eau du réseau est conseillé le temps de remédier à la qualité de l’eau issu du captage privé à risque.

Et/ou des défenses insuffisantes…

Le veau nouveau-né est dépourvu de défenses immunitaires à la naissance. Le transfert d’immunité passive (TIP) de la mère au veau, via le colostrum, est capital. Un défaut de transfert d’immunité passive est associé à un risque accru de mortalité, de diarrhée sévère et de maladie respiratoire chez les veaux nouveau-nés. Une prise de sang réalisée sur 5 à 10 veaux âgés de 2 à 6 jours de vie permet d’évaluer ce transfert. LABEO Manche facture 45,32 € HT (tarif 2025) les analyses sur 5 tubes de sang acheminés ensemble, et le GDS 50 prend en charge 75% (caisse complémentaire) ou 50 % (Caisse simple) de ce montant. Un taux inférieur à 10 g/l démultiplie le risque de mortalité des veaux. A l’échelle d’un cheptel, on considère qu’il y a un défaut de TIP si plus de 20% des veaux ont un taux inférieur à 10 g/l.

Lors d’épisode de diarrhées néonatales, des mesures médicales spécifiques sont prescrites par le vétérinaire traitant. Des analyses de matières fécales (voire d’autopsie) sont fortement recommandées pour affiner la stratégie de lutte. Les mesures sanitaires visent à limiter le risque d’épisodes cliniques liés à ces agents infectieux. Des protocoles vaccinaux peuvent renforcer l’immunité des veaux le temps de mettre en place les mesures correctives.

De nouveaux vaccins ont été commercialisés courant 2024, à administrer aux mères gestantes, selon la prescription du vétérinaire traitant, tel que Bovilis Cryptium ®, vaccin contre la cryptosporidiose.

L’efficacité des vaccins appliqués sur les mères nécessite la distribution systématique dans les 6 premières heures qui suivent la naissance de 4 litres de colostrum de bonne qualité immunologique issu des mères vaccinées, puis l’ajout d’un lait de transition (issu de la 2ème traite si mesuré de bonne qualité immunologique) dans la buvée pendant les premiers jours de leur vie.

Dr LEBOEUF Christophe, Vétérinaire-conseil GDS50