Galéga GDS 50

Attention danger : reconnaissez-vous cette plante ?

Galéga GDS 50

Attention danger : reconnaissez-vous cette plante ?

Les intoxications végétales des bovins sont rares car ils évitent généralement les plantes toxiques « sur pied ». Mais la toxicité de certaines plantes persiste dans les fourrages : même les vaches et les génisses qui ne sortent pas peuvent être exposées ! et même en hiver !

La réticence naturelle des bovins pour les plantes toxiques peut ainsi être “trompée” quand ces dernières sont séchées, hachées ou mélangées à l’ensilage ou au foin. Le fourrage peut ainsi être contaminé par le datura, l’amarante, la mercuriale, le galéga, la séneçon jacobée ou la morelle noire. Petit zoom sur le Galéga…

Galéga officinal, appelé communément « lilas d’Espagne », est une plante invasive, très toxique, commune surtout dans la moitié sud de la France et le Centre, mais présente un peu partout en France. Cette plante affectionne les sols calcaires plutôt humides, riches en humus et en matières organiques et les emplacements bien ensoleillés. On la trouve sur les berges des rivières, les fossés et les zones humides, les digues d’étangs, les bords de route et de cultures, les haies, et les friches urbaines. C’est une plante ornementale. Le Galéga peut coloniser les prairies humides, et parfois les prairies de fauche ou de pâture …

La plante fraîche, à ne pas confondre avec la vesce ou le sainfoin, est normalement ignorée par les bovins. Mais lors de disette, en période de sécheresse ou en cas de surexploitation d’une prairie, mais surtout lorsque du foin est fait en période de toxicité du Galéga, de la floraison à la formation des gousses. Même lorsqu’elle est sèche, elle reste toxique. 4 kg de plante fraîche, ou moins de 1 kg de plante sèche, tue une vache. Un fourrage contenant plus de 10 % de Galéga doit être considéré comme très dangereux…

Les signes de détresse respiratoire et un œdème pulmonaire, ainsi que l’épanchement très important de couleur jaune citrin dans la cavité thoracique, coagulant à l’air libre, évoquent de façon caractéristique l’intoxication par le galéga officinal. Selon la quantité ingérée, la mort survient par asphyxie entre quelques minutes à plusieurs heures. L’intoxication suraiguë provoque une mort subite. Dans le cas de consommation prolongée en petites quantités, on observe des œdèmes faciaux et des avortements.

Préventivement, l’arrachage avant la floraison est la méthode la plus efficace. Son éradication n’est possible qu’en tout début de phase de colonisation. Il est donc essentiel de rester vigilant dans la Manche.

Le saviez-vous
▪ A très petite dose, c’est une plante médicinale, parfois utilisée en tisane…Cette plante est considérée comme favorisant la lactation et diurétique. Elle est également utilisée pour réguler la glycémie
▪ Elle serait originaire des steppes orientales, puis les activités humaines et sa faculté d’adaptation ont facilité sa dissémination sur presque tous les continents,
▪ Les cas d’intoxication du bétail par le Galéga sont plus fréquents chez les petits ruminants, notamment les ovins.

C. Leboeuf , vétérinaire-conseil au GDS

Photo : Franz Xaver